graphic artists in the arab countries

Blutch : "Le dessin permet tout, c’est la langue parfaite"

Attention, ça va faire du bruit : Blutch fait sa Masterclasse.
Il dessine tout le temps et depuis toujours. N’importe quoi et n’importe quand. Dans les cases ou hors les cases, les jours gris comme les jours ensoleillés. Miroir de ses émotions et de ses humeurs, le dessin est toujours là pour capter ce qu’il y a capter sans aucune hiérarchie : "une femme nue ou un caillou, une voiture ou un chien…." En somme, Christian Hincker, alias Blutch, aime vraiment le mot dessinateur. Muni de son crayon-sismographe, il « barbouille » toujours, du haut de ses cinquante ans, fidèle à l’enfant qu’il a été.

Je me suis mis à dessiner parce que je n'avais pas envie d'aller jouer au foot. Je n'avais pas envie de rentrer dans la société.

« Ce nom de « Blutch » est une manière de renaître, de mettre la famille de côté...

Ce que le dessin amène, avec les armes qu’il nous donne, c’est un langage d’une richesse insondable. C’est mystérieux, surprenant, abstrait, archaïque, moderne, unique.

Venu à la bande dessinée très tôt, le petit Christian est un amateur des Tuniques Bleues et de Metal Hurlant, mais aussi des mots et des dialogues. Elève des Arts-déco de Strasbourg en pleine période « conceptuelle » (J.Beuys), Blutch se tourne plutôt vers la bande dessinée dont il affectionne le « côté un peu industriel ». Il publie alors ses premières planches en 1988 (« Les aventures de Tintin »), dans la revue Fluide Glacial. Une bande dessinée rappelle-t-il, « dont la première case est décalquée sur une case de « Tintin au Tibet ». Un détail qui n’a rien d’anodin pour cet artiste aux traits fins, qui revendique « un grand intérêt pour les formes préexistantes ». Trente ans plus tard, son dernier album, Variations, dédié à Marcel Gotlib et Alain Resnais, vient confirmer cette première intuition : un album de recréation-récréation, composé de trente planches de trente auteurs de bande dessinée qui ont compté pour lui. Blutch a besoin ainsi de se plonger chez les autres, "pour rejouer et refaire afin de s’oublier, et sans doute pour mieux se renouveler."

Les Rolling Stones ont fait un album de reprises avec des standards de blues, tout comme Neil Young. J’ai fait la même chose avec Variations.

Artiste intuitif et ouvert, comédien occasionnel, amateur de théâtre, de jazz et de cinéma, Blutch « se nourrit de tout ce qui se présente, alternant les genres narratifs ou les univers graphiques (bande dessinée, comix, récit historique et autobiographique).

Ce que le dessin amène, avec les armes qu’il nous donne, c’est un langage d’une richesse insondable. C’est mystérieux, surprenant, abstrait, archaïque, moderne, unique

Avec toujours une haute idée du 9ème art et une grande exigence dans l’édition de chacun de ses albums, Blutch qui a été lauréat du Grand Prix d’Angoulême en 2009, glisse cette petite confidence: "un prix c’est important : ça rassure… »

Indexation web: Sylvain Alzial, Documentation sonore de Radio France


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