graphic artists in the arab countries

L'artiste féministe Zainab Fasiki sort sa nouvelle BD, "Fayrouz versus the world"

L'histoire d'une jeune fille qui, voulant voyager autour du monde, doit affronter sa famille conservatrice.

BD - Fidèle à son engagement pour la liberté de la femme, la bédéiste Zaïnab Fasiki sort ce mois d’octobre une nouvelle bande dessinée, “Feyrouz versus the world” (Feyrouz contre le monde), avec la maison d’édition libanaise ToshFesh. Les lecteurs algériens ont été les premiers à feuilleter sa BD, présentée du 3 au 6 octobre au Festival international de la bande dessinée d’Alger (FIBDA).

Si dans sa dernière publication, “Hshouma”, Zaïnab illustrait les tabous qui entourent la femme dans la société marocaine, la jeune artiste a choisi pour sa nouvelle oeuvre de s’attaquer au manque de liberté de circulation de la femme, non seulement dans l’espace public mais également dans le monde.

Le personnage principal de l’histoire, Fayrouz, a des rêves de voyages plein la tête et veut faire le tour du monde. Cependant, la jeune fille vit dans la région MENA - imaginée par l’auteur comme un seul pays allant de l’Iran jusqu’au Maroc, puisque “nous partageons les mêmes problèmes”-, dans une famille conservatrice qui ne comprend pas ses envies d’évasion. Fayrouz va alors tout faire pour convaincre ses parents de la laisser prendre son envol.

“Je voulais montrer que ce n’est qu’avec la science et le savoir que la femme peut se libérer. Il ne faut attendre personne pour le faire et il ne faut jamais laisser tomber. En réussissant dans sa carrière, en occupant de grands postes, en devenant entrepreneuse, artiste, ingénieure, pilote... on peut devenir indépendante”, assure Zaïnab Fasiki au HuffPost Maroc.

Cette diplômée en ingénierie mécanique n’est pas allée très loin pour trouver l’inspiration pour cette BD qu’elle a mis un an à élaborer. Car l’histoire de Fayrouz n’est en réalité pas bien différente de la sienne.

“Le scénario est un peu basé sur ma propre vie. Quand j’ai commencé à me déplacer seule dans d’autres pays pour ma carrière, il fallait convaincre mes parents que voyager n’allait pas me faire ‘sortir du droit chemin’. Mais ces restrictions ont commencé bien avant; mes frères ont toujours eu plus de liberté que moi, ils avaient le droit de sortir quand ils le voulaient, contrairement à moi. Je me suis donc inspirée de mes souffrances mais aussi de celles de plusieurs autres filles qui vivent la même situation”, explique Zaïnab Fasiki.

C’est d’ailleurs grâce à ses nombreux voyages que l’artiste a pu rencontrer l’équipe de la maison d’édition libanaise Tosh Fesh, dont le but est de soutenir les artistes du monde arabe en publiant leur travail et en leur donnant plus de visibilité.

Les lecteurs marocains peuvent se procurer “Fayrouz versus the world” sur le site de l’éditeur en attendant sa sortie au Maroc où la dessinatrice essaie de trouver une maison d’édition pour publier cette nouvelle bande dessinée.
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