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Gisèle Khoury : Ne laissez pas mourir l’art et la créativité au Liban !

Conférence de presse

En dépit des temps difficiles, le « Festival du Printemps de Beyrouth » reste constant dans la qualité et la gratuité de sa programmation. La preuve avec les trois spectacles qu’il propose les 9, 11 et 14 juin prochain...
Zéna ZALZAL | OLJ

« C’est une 11e édition qui promet d’être remarquable du fait de la participation d’une trentaine de jeunes et talentueux artistes libanais à sa programmation », a assuré Gisèle Khoury au cours de la conférence de presse tenue hier à Dar el-Nimer (Clemenceau) pour présenter les trois spectacles à l’affiche du Festival du Printemps de Beyrouth 2019. La présidente de la Fondation Samir Kassir (qui organise, depuis 2009, ce rendez-vous beyrouthin annuel à la mémoire du journaliste assassiné) était entourée du directeur général du ministère de la Culture, Ali el-Samad, représentant le ministre Mohammad Daoud (à Paris pour la signature d’un partenariat avec la Bibliothèque nationale), de Randa Asmar, directrice du Festival du Printemps de Beyrouth, ainsi que du réalisateur Milad Tawk et du musicien et compositeur Élie Barrak.

« En ces temps difficiles, où tous les festivals artistiques du pays sont confrontés aux restrictions budgétaires de leurs sponsors et où la question du maintien ou de la réduction des programmations se pose immanquablement, le Festival du Printemps de Beyrouth a eu la surprise de se voir proposer, par plusieurs artistes libanais, des collaborations non rémunérées afin qu’il se maintienne. Nous en avons été très touchés. Et nous les remercions. Même si nous les assurons qu’ils seront tous rétribués, quitte à ce que nous nous endettions sur nos propres deniers », a affirmé Gisèle Khoury. « À ceux qui dénigrent les festivals, en insinuant qu’ils sont organisés par des dames de la société en quête de reconnaissance, je voudrais rappeler que ces événements offrent des opportunités de travail à tout un secteur artistique ainsi qu’à plus d’une région libanaise, a-t-elle ajouté. C’est pourquoi je voudrais remercier les sponsors qui continuent à nous soutenir. À l’instar de la municipalité de Beyrouth, de la compagnie Alfa, du ministre des Télécommunications, de l’Institut français du Liban, qui est à nos côtés depuis 11 ans, ainsi que des nombreuses personnes qui, par leurs contributions, même modestes, financent ce festival. Je voudrais également solliciter les entrepreneurs, hommes d’affaires et banques libanaises, qui cette année ont privé de nombreux festivals de leur soutien, pour qu’ils contribuent à nouveau, ne fût-ce qu’avec des montants réduits. » Et de conclure par ces mots forts : « Ne laissez pas mourir l’art et la créativité dans ce pays qui est l’un des plus féconds du Moyen-Orient. Vous qui avez échoué en politique et dans la gouvernance de l’État, n’échouez pas aussi dans le domaine culturel et avec les jeunes ! » Prenant à son tour la parole, le (jeune) directeur du ministère de la Culture a mis l’accent sur « le soutien moral » qu’offre son ministère au Festival du Printemps de Beyrouth, comme à tous les événements qui se déroulent au Liban. Il a également profité de cette tribune pour « demander à tous les festivals de consacrer une plus large part de leur programmation aux artistes et aux spectacles libanais ».

Rappelant les constantes de qualité, de nouveauté et de gratuité de ce festival, dont elle est la directrice et la cheville ouvrière, Randa Asmar a présenté la cuvée 2019. À savoir un programme alliant spectacles importés et production libanaise, mais aussi tous les genres : de la musique à la danse au théâtre, en passant par les animations multimédias et la vidéo en 3D.


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Le programme


« Casse-noisette et moi »

Ce spectacle novateur de 50 minutes en provenance de Grande-Bretagne ouvrira les festivités, le 9 juin (à 21h) au théâtre al-Madina. Casse-noisette et moi est une création multimédia conçue par Alexandra Dariescu, une jeune pianiste anglo-roumaine. Il mêle interprétation au piano, ballet classique, projections vidéo et animations multimédias. De quoi transporter les spectateurs de tout âge dans un monde enchanté réinventé.


« Le radeau »

Le 11 juin, au théâtre Tournesol Tayouné (à 21h), Le radeau, une pièce de théâtre signée Cyrine Gannoun et Majdi Bou Matar, embarquera les férus des planches dans l’univers sensible et engagé de Ezzedine Gannoun. Le célèbre metteur en scène tunisien et fondateur du théâtre al-Hamra à Tunis, décédé en 2015, avait entamé le projet de cette pièce sur les migrants. Sa fille, militante culturelle diplômée en arts scéniques de la Sorbonne, reprendra le flambeau avec le metteur en scène libano-canadien pour décrire les périls et les rêves de ceux qui fuient la guerre, la pauvreté, l’oppression, la corruption, la discrimination qu’ils subissent dans leurs pays. Une pièce qui a remporté 10 prix internationaux, dont celui du Festival de Carthage.


« Beyrouth, l’amante de la mer »

C’est par un concert-spectacle avec mapping video en 3D, qui se déroulera aux thermes romains, dans le centre-ville de Beyrouth, que se clôturera le festival le 14 juin. Une création musicale et visuelle de grande envergure conçue par le réalisateur Milad Tawk et le compositeur Élie Barrak. Un spectacle largement imprégné de L’Histoire de Beyrouth de Samir Kassir et qui déroule les images (d’archives de Bahij Hojeij et de Télé-Liban entre autres) de cette ville millénaire, avec son architecture, son patrimoine et sa paradoxale évolution… « Une soirée placée sous le patronage du président du Conseil, Saad Hariri », a tenu à signaler Gisèle Khoury.
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